comment tailler un mûrier platane

Comment tailler un platane mûrier sans l’abîmer ?

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Le mûrier platane… Rien que son nom m’évoque les longues siestes d’été à l’ombre, les livres lus à moitié en s’endormant, les enfants qui rient en courant dessous. Si vous avez la chance d’en avoir un dans votre jardin, vous savez à quel point cet arbre peut devenir une pièce maîtresse de votre extérieur. Mais comme toute belle chose, il mérite un peu d’attention. Et aujourd’hui, je vous parle d’un sujet qui revient souvent chez mes clients — comment tailler un mûrier platane sans l’abîmer.

J’en ai taillé plusieurs, chez moi comme chez les autres. Avec parfois quelques erreurs au début, je l’admets. Mais ça m’a appris ce qu’il faut faire, et surtout ce qu’il vaut mieux éviter. Suivez-moi, je vous raconte tout.

Pourquoi faut-il vraiment le tailler ?

Je me rappelle du premier mûrier platane que j’ai planté dans un petit jardin de ville, à Lyon. En trois étés, il était devenu une vraie boule de feuillage. Sauf qu’un jour, un coup de vent a fait craquer une grosse branche mal formée. C’est là que j’ai compris : tailler, c’est aussi prévenir.

Tailler un mûrier platane, c’est :

  • Garder une belle forme en parasol, bien équilibrée.

  • Favoriser l’aération au centre de l’arbre (parfait pour éviter les maladies).

  • Préserver sa structure pour qu’il dure longtemps, et reste solide.

  • Et — ne nous mentons pas — éviter que les fruits ne tombent partout, surtout si vous avez une terrasse en dessous.

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Quand est-ce que je le taille, moi ?

L’idéal, c’est en hiver, quand l’arbre a perdu toutes ses feuilles. Janvier ou février, c’est parfait. Il dort, il n’a pas encore relancé sa sève, et il cicatrise mieux. J’évite toujours les jours de pluie ou de gel. Je choisis un moment où le temps est sec, un peu doux si possible. C’est plus agréable pour moi, et mieux pour lui.

Un conseil : ne vous y prenez pas trop tard, surtout si vous habitez dans le sud. Dès que le printemps pointe le bout de son nez, l’arbre recommence à pousser. Et là, une taille pourrait l’épuiser inutilement.

Ce que j’utilise pour tailler (mon petit kit perso)

J’ai appris avec les années que de bons outils font toute la différence. Voici ce que j’utilise toujours :

  • Un sécateur bien affûté, pour les petites branches.

  • Un ébrancheur, pour les rameaux plus épais (et pour m’éviter de grimper trop haut).

  • Une scie arboricole, pratique pour les grosses charpentières.

  • Et parfois une petite scie sabre à batterie, quand j’ai beaucoup à faire.

Ah, et des gants ! Parce que les échardes, ça m’est arrivé une fois… je ne recommence plus.

tailler un mûrier platane

Ma méthode pas à pas pour tailler un mûrier platane en douceur

1. Observer calmement

Avant de couper quoi que ce soit, je me pose quelques minutes, parfois même avec un café. Je regarde l’arbre dans son ensemble, je tourne autour, j’imagine sa forme future. Il faut penser équilibre, symétrie, légèreté.

Je repère :

  • Les branches mortes ou abîmées

  • Les rameaux qui partent trop vers le ciel (on veut un parasol, pas une fusée)

  • Ceux qui croisent ou s’enchevêtrent à l’intérieur

  • Les gourmands au pied du tronc, qui pompent l’énergie

2. Nettoyer le centre

Je commence toujours par aérer le cœur de l’arbre. Un bon mûrier platane doit pouvoir laisser passer un peu de lumière au centre. Ça évite les zones d’humidité, les champignons, et ça permet aux nouvelles pousses de mieux respirer.

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Je coupe :

  • Les branches qui poussent vers l’intérieur

  • Celles qui se frottent les unes aux autres

  • Celles qui semblent trop faibles ou mal orientées

3. Raccourcir les charpentières

C’est là qu’il faut être précis. Les grosses branches principales, on les garde, bien sûr. Mais chaque année, je coupe les extrémités, là où les nouvelles pousses ont allongé les bras.

Je laisse 4 à 5 bourgeons sur chaque rameau secondaire. Toujours en coupant juste au-dessus d’un bourgeon orienté vers le bas, pour conserver la forme tombante de l’arbre.

Un petit schéma mental pour moi :

scss
charpentière
├── rameau (je taille ici)

Et surtout, je garde une forme ronde, plate, horizontale. Pas de verticales, pas de pics.

4. Supprimer les gourmands

Ces petites pousses qui jaillissent au pied du tronc, je les appelle les “voleurs”. Ils détournent l’énergie du tronc principal. Donc hop, je les coupe au ras. Et je surveille durant l’année : parfois, ils repoussent en cachette…

Les erreurs que j’ai faites… et que vous pouvez éviter

  • Tailler trop tôt au printemps : une fois, j’ai taillé en mars, pensant que le pire de l’hiver était passé. Résultat : de la sève partout, et l’arbre a mis du temps à repartir.

  • Couper trop court : ne laissez jamais une branche sans bourgeon à son extrémité. Elle ne repartira pas, et vous créez une “branche morte”.

  • Oublier les outils sales ou mal affûtés : j’ai eu des plaies mal cicatrisées sur une belle branche, simplement parce que ma lame était trop vieille. Depuis, je nettoie toujours à l’alcool avant de commencer.

Faut-il mettre du mastic cicatrisant ?

Alors là, avis partagé. Personnellement, je ne le fais que sur les grosses coupes, celles de plus de 5 cm de diamètre. Et encore, uniquement si je sais qu’il va pleuvoir dans les jours qui suivent. Sinon, je laisse faire la nature : le mûrier cicatrise assez bien tout seul, surtout si la coupe est propre.

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Résultat : un arbre équilibré, élégant… et durable

Quand je revois mon mûrier platane à la fin de l’hiver, bien structuré, prêt à se garnir de feuilles, c’est toujours un plaisir. Il me remercie, j’en suis convaincu, en me faisant profiter d’une ombre parfaite tout l’été.

Et au final, tailler un arbre comme celui-là, ce n’est pas seulement une corvée d’entretien. C’est un moment de calme, un geste de soin, un lien discret avec le jardin.

Questions que vous me posez souvent (et mes réponses honnêtes)

Peut-on tailler un mûrier en été ?
Oui, mais uniquement pour enlever quelques branches gênantes. Jamais de taille structurelle. Et surtout, pas en période de canicule : l’arbre risque de souffrir.

Mon mûrier fait beaucoup de fruits. Puis-je limiter la fructification ?
Oui, en taillant les jeunes pousses au bon moment, avant qu’elles ne forment leurs bourgeons floraux. Mais ça reste un arbre fruitier, il continuera à produire, même un peu.

Est-ce que je peux le tailler sévèrement s’il est devenu trop grand ?
Oui, mais pas d’un coup. Faites-le en deux ou trois hivers, en réduisant progressivement. Une taille trop brutale peut affaiblir l’arbre.

Dois-je enlever toutes les branches qui pendent ?
Pas forcément. C’est aussi ce qui fait le charme de sa silhouette en parasol. Taillez celles qui gênent le passage ou touchent le sol.

En résumé : tailler un mûrier platane, c’est un geste d’équilibre

Ce n’est pas compliqué, mais ça demande de la douceur, un peu d’observation, et quelques outils bien choisis. Et surtout, ça doit se faire avec respect. Respect de l’arbre, de sa forme, et du rôle qu’il joue dans votre jardin.

Prenez le temps, profitez du silence de l’hiver, et offrez-lui une coupe nette, propre, bien pensée. Il vous le rendra au centuple, je vous le garantis.

Et si vous avez un doute, une question ou juste envie de partager une photo de votre mûrier avant/après, n’hésitez pas à me l’envoyer. Je suis toujours curieux de voir comment chacun donne forme à son jardin.

À vos sécateurs, et bonne taille !

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